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Entre le ciel et l’enfer

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L’acte d’écrire – le texte (final)

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L’acte d’écrire

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Édition nº 100

De la relation compliquée avec son prochain

De la relation compliquée avec son prochain

Le centième nom (tradition soufie)
     Un étudiant demanda à un maître soufi de lui révéler le cinquième nom de Dieu.
     « Celui qui connaît ce nom peut transformer l’Histoire », commenta-t-il.
     Le maître le pria d’aller passer une journée à la porte de la ville.
     Le garçon revint le lendemain.
     « Qu’as-tu vu ? demanda le maître.
     – Un vieux a voulu entrer dans la ville avec un mouton à vendre. Le garde a réclamé la taxe, mais l’homme n’avait pas d’argent. Alors le garde lui a volé le mouton et l’a expulsé. Je pensais : si je connaissais le nom caché de Dieu, je pourrais modifier cette situation.
     – Tu aurais pu empêcher cette injustice, mais tu as préféré rêver d’une révélation. Quelle sottise ! Eh bien, je vais te révéler le cinquième nom de Dieu : action en faveur des autres. C’est seulement de cette façon que nous pouvons changer l’Histoire.

Je ne veux pas vous offenser (tradition islamique)
     Au cours de son pèlerinage à La Mecque, un homme très pieux commença à sentir la présence de Dieu. En transe, il s’agenouilla, se cacha le visage et pria :
     « Seigneur, je ne demande qu’une chose dans ma vie : la grâce de ne jamais Vous offenser.
     – Je ne peux pas t’accorder cette grâce, répondit le Tout-Puissant. Si tu ne m’offenses pas, je n’aurais pas de raisons de te pardonner. Si je n’ai pas à te pardonner, bientôt tu oublieras aussi l’importance de la miséricorde envers les autres. Alors, poursuis ton chemin avec Amour, et laisse-moi pratiquer le pardon de temps à autre, pour que toi non plus tu n’oublies pas cette vertu. »

Élèves et professeurs (tradition soufie)
     Nasrudin – l’éternel personnage des légendes soufies – se trouvait sur le seuil de sa porte, quand il vit passer un professeur avec ses élèves.
     « Où allez-vous ? demanda-t-il.
     – Prier pour que Dieu mette fin à la corruption, puisqu’il écoute toujours la prière des enfants, répondit le professeur.
     – Une bonne éducation y aurait déjà mis fin. Apprends aux enfants à être plus responsables que leurs pères et leurs oncles. »
      Le professeur s’offensa :
     « Voilà un exemple d’absence de foi ! La prière des enfants peut tout changer !
     – Dieu écoute tous ceux qui prient. S’il n’écoutait que les prières des enfants, il n’y aurait pas une seule école dans le pays ; ils ne détestent rien tant qu’un professeur. »

J’ai rencontré un violoniste (tradition hassidique)
     Un disciple s’approcha du rabbin Moshe Haim :
      « Aujourd’hui j’ai rencontré un homme qui a ri de moi et a méprisé mes efforts dans la quête spirituelle.
     – Aujourd’hui j’ai rencontré un violoniste, répondit le rabbin. Il jouait tellement inspiré par Dieu que tous ceux qui venaient vers lui finissaient par chanter et danser. J’en ai fait autant, et ma joie était un hommage à la Création, quand j’ai vu s’avancer un sourd. Il a regardé le violoniste et le public qui dansait. À la fin, il a déclaré à voix haute : “L’agitation de cette bande de fous, c’est indécent et grotesque !” »
     Et Moshe Haim a conclu :
     « Celui qui ne sait pas écouter la musique de Dieu n’a d’autre issue que de la considérer inutile. »

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Édition 100
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Traduction: Françoise Marchand Sauvagnargues.

 

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